Doubler le fret ferroviaire pour apporter une réponse concrète au dossier climatique

20 février 2019

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Les entreprises ferroviaires européennes et belges s’engagent à doubler le fret ferroviaire afin de diminuer radicalement l’impact climatique du transport de marchandises. C’est muni d’un plan d’action précis qu’elles proposent une mesure ambitieuse, mais concrète, axée sur une transition modale du transport routier vers le transport ferroviaire. « Nous avons là une merveilleuse possibilité de réduire considérablement l’empreinte carbone du secteur des transports », affirme Geert Pauwels, CEO de la société belge Lineas.

Le Train de Noé : une campagne ludique qui sert une fin sérieuse

C’est une fresque bariolée qui entre aujourd’hui en gare de Schaerbeek. En effet, le Train de Noé, un train de marchandises orné d’animaux hauts en couleurs et inspiré par le premier activiste climatique du monde, arrive en Belgique avec un message clair : le salut viendra cette fois-ci du rail.

Parti de Katowice à l’occasion de la Conférence sur les changements climatiques qui a eu lieu au mois de décembre de l'année dernière, le Train de Noé effectue un périple passant par les capitales européennes, où des artistes locaux peuvent répondre de manière créative à l’appel en faveur d’un transport de marchandises plus écologique. La plus longue œuvre roulante d'art urbain au monde entend ainsi militer pour une transition modale du transport routier vers le transport ferroviaire, ce dernier étant assorti d’une empreinte écologique beaucoup plus faible.

Un secteur des transports en rapide croissance affichant une forte empreinte écologique

Si la campagne est plutôt ludique, le message est quant à lui très sérieux. Aujourd'hui, avec 275 millions de tonnes d'émissions de CO2 par an, dont 11 millions en Belgique, le transport de marchandises est responsable de près de 10 % des émissions totales de CO2. La raison principale en est que 75 % du transport de marchandises se fait par la route. Le transport routier laisse une empreinte nettement plus importante que les autres modes de transport, y compris en termes d'impact sur la pollution atmosphérique et les problèmes de mobilité.

Le transport de marchandises connaîtra encore une croissance d’au moins 30 % en Europe d’ici 2030. Geert Pauwels, CEO de Lineas : « Sans mesures drastiques, les émissions de CO2 augmenteront de 25 %, ce qui rendrait impossible la réalisation de notre objectif climatique visant à réduire nos émissions de 49 %. La pollution de l'air augmentera proportionnellement et bientôt nous serons tous bloqués en permanence dans les embouteillages. Nous n’y arriverons pas par cette voie-là. Il nous faut opérer de toute urgence une transition vers le rail. »

Modal shift vers le chemin de fer : une réponse forte au problème climatique

C'est la raison pour laquelle les opérateurs européens de fret ferroviaire unissent leurs forces au sein de la coalition Rail Freight Forward. Les opérateurs européens de fret ferroviaire ont déposé un plan d’action concret sur la table pour doubler les volumes de fret par le rail d’ici 2030. Le transport ferroviaire consomme en moyenne 6 fois moins d’énergie que le transport routier, tout en émettant 9 fois moins de CO2. De plus, il génère une pollution de l'air 8 fois moins importante, est beaucoup plus sûr et offre une solution au problème croissant des embouteillages.

Concrètement, ce doublement des volumes du fret ferroviaire implique de porter la part du rail de 18 à 30 % en Europe, et de 10 à 16 % en Belgique. « Cela éviterait l’arrivée d’un million de camions supplémentaires sur les routes d'ici 2030, dont 90 000 en Belgique», poursuit Geert Pauwels. « Cela épargnerait aussi à la Belgique d’avoir à supporter 1,5 million de tonnes de CO2 et 2 000 tonnes de particules fines supplémentaires. »

Plan d'action concret pour doubler les volumes ferroviaire

Le plan d'action « 30 by 2030 », qui fait référence à l'ambition de porter la part du rail en Europe à 30 % d'ici 2030, définit les conditions nécessaires pour rendre possible cette action concrète en faveur du climat. Le plan d'action a également été détaillé au niveau belge par le nouveau Forum belge des entreprises de fret ferroviaire.

Une première étape importante consiste pour les entreprises de fret ferroviaire à continuer à se concentrer sur des solutions innovantes qui peuvent être compétitives par rapport au transport routier en termes de fréquence, fiabilité, flexibilité, prix et service. L'accent devrait être mis sur la convivialité pour le client, l'adoption de nouvelles technologies et la poursuite de la modernisation du secteur.

Trois domaines d'action pour les pouvoirs publics

En outre, il est demandé au gouvernement d'élaborer une politique des transports axée sur le climat qui rende possible la transition vers les chemins de fer. Concrètement, les entreprises de fret ferroviaire demandent au gouvernement d'agir à trois niveaux.

Premièrement, les gestionnaires d'infrastructure. « Il faut rendre la conduite d'un train en Belgique et en Europe aussi facile que celle d'un camion », déclare Geert Pauwels. Le gestionnaire de l'infrastructure, à savoir Infrabel en Belgique, doit se voir confier la mission, le mandat et les moyens de déployer et de gérer un réseau ferroviaire de qualité en fonction des besoins des clients et de la mobilité.

Deuxièmement, le gouvernement doit faire en sorte qu'il soit plus facile et moins cher pour les entreprises d'opter en faveur du transport ferroviaire. Une méthode consiste à rembourser partiellement les coûts de transbordement des camions vers les trains ainsi que les coûts pour le « first et last mile ». « Beaucoup d'entreprises et de transporteurs veulent transporter davantage de marchandises sur les voies ferrées au lieu de se retrouver coincés dans les embouteillages avec leurs camions. Si le gouvernement compense une partie de ces coûts de transbordement, ils franchiront le pas. » 

Troisièmement, les autorités belges devraient prendre l'exemple sur des pays voisins comme l'Allemagne, l'Autriche, la Suisse et les Pays-Bas. Ces pays ont délibérément réduit de manière drastique les coûts relatifs aux sillons, à savoir les coûts dont les opérateurs s'acquittent pour l'utilisation des chemins de fer. « Les compagnies ferroviaires paient pour chaque kilomètre parcouru sur la voie ferrée », explique Geert Pauwels. « En Allemagne, ces coûts ont récemment été réduits de moitié, ce qui a un impact direct sur la compétitivité des chemins de fer. » 

Il est temps d'adopter une politique dynamique

Les entreprises de fret ferroviaire sont prêtes, mais demandent aux responsables politiques de passer à l’action. « Nous devons convaincre tous les Belges d'emprunter davantage le rail et de faire plus de vélo pour notre planète, mais nous devons aussi offrir aux entreprises un modèle de transport plus respectueux du climat. C’est possible. Et rapidement même, à bon compte, et pour le bénéfice de tous », conclut G. Pauwels.

Pour plus d'informations sur Rail Freight Forward, le projet ‘Vision 2030’ de la coalition ou #NoahsTrain, visitez le site www.railfreightforward.eu ou envoyez un mail à l'adresse press@railfreightforward.eu.

Les photos de presse, les vidéos et le mémorandum du Forum belge des entreprises de fret ferroviaire peuvent être téléchargés à l'adresse suivante : www.railfreightforward.eu/belgium

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