10 ans de Lineas en France : « Nous avons prouvé qu’une entreprise privée est capable de réaliser une croissance durable »

13 décembre 2020

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En 10 ans, Lineas France est passée de 30 employés à plus de 250. Aujourd’hui, à l’aube de son 10e anniversaire, Lineas transporte plus de 4,6 millions de tonnes par an et constitue l’un des principaux acteurs du pays.

Le 13 décembre 2010, Lineas France, qui s’appelait à l’époque OSR France, faisait circuler son premier train d’Aulnoye-Aymeries à Calais. Au cours des dix dernières années, la filiale française du groupe Lineas s’est développée pour occuper plus de 200 employés et faire rouler 32 locomotives, offrant des services de fret ferroviaire sur tout le territoire. Olivier Deprez a été le premier employé et, jusqu’en octobre de cette année, le directeur national de Lineas pour la France. « C’était dur mais, mois après mois, année après année, nous avons réussi à construire un véritable opérateur de fret ferroviaire et à croître avec une belle régularité. »

Aujourd’hui, Lineas France transporte 4,6 millions de tonnes sur 2 500 000 kilomètres de train par an. Les connexions avec Green Xpress Network à Lyon, Le Havre et Hendaye, par exemple, offrent aux clients français la possibilité de transporter leurs marchandises vers le reste de l’Europe – de l’Espagne à la Suède et des ports occidentaux vers l’Allemagne et l’Europe de l’Est. 

Remontons le temps jusqu’à il y a 12 ans, premier jour du premier employé de Lineas en France.

Olivier, en juillet 2008, Lineas, baptisé à l’époque B-Cargo, décidait de faire circuler un train en liberté d’exploitation entre La Louvière en Belgique et Beautor en France. Comment se sont déroulés ces premiers jours chez OSR France ?
« Le train en liberté d’exploitation n’est possible que depuis 2006, lorsque la Commission européenne a libéralisé le transport de marchandises. Avant cela, à la frontière, un train changeait de conducteur, de locomotive et de certificat. Ainsi, lorsque B-Cargo a décidé de faire circuler son train en France, nous étions responsables des opérations au sol en France.
« Je suis parti de zéro, seul en France. Le premier jour, j’ai dû louer un bureau et une voiture, obtenir un numéro de téléphone portable et ouvrir un compte bancaire. À partir de là, nous avons construit, mois après mois. Ces deux premières années, nous étions surtout un sous-traitant pour notre société mère belge dans le nord de la France. »

Qu’est-ce qui a amené OSR France à faire circuler son premier train ?
« De nombreuses petites industries du nord de la France expédiaient du fret principalement vers Anvers, Genk et le reste de la Belgique. Puis un jour, l’opérateur a annoncé qu’il renonçait à une partie de ses activités dans le nord de la France. Cela signifie que ses clients se sont retrouvés sans solution ferroviaire. Nous avons alors décidé de transformer OSR France en une véritable entreprise ferroviaire, afin de pouvoir proposer une alternative pertinente. »

Et c’est alors qu’a été ébauché le projet du premier train du 13 décembre 2010 ?
« Dans les deux années précédentes, nous étions déjà 30 employés. En 2010, nous travaillions à obtenir notre propre licence, nos propres conducteurs et nos propres locomotives. Nous avons commencé à former onze conducteurs et loué trois petites locomotives G1206. Elles étaient petites et agiles, parfaites pour les distances courtes. »

Driver on the first train of Lineas FranceVous avez pris un sacré risque.
« Oui, il y a eu beaucoup de coûts et d’incertitudes. Néanmoins, dès ce premier train, mois après mois, nous nous sommes déployés. Nous avons ouvert notre premier hub à Tergnier, qui est toujours notre plus grand hub, et un autre à Aulnoye-Aymeries, près de la frontière belge. 
« Grâce à notre agilité, nous avons décroché de plus en plus de clients. Nous avons rapidement conduit des trains dans tout le Nord-Pas-de-Calais et la Picardie, vers Valenciennes, Amiens... Au début, nos trains étaient principalement axés sur le transport de wagons isolés. » 

Puis, Lineas France a connu une croissance régulière année après année. Quels ont été les moments clés ?
« En 2012, nous avons commencé à faire circuler des trains d’entreprise et, au fur et à mesure que notre réseau s’étendait, nous avons atteint Le Havre et Dunkerque. Chaque année, nous nous sommes développés dans un autre domaine, dans une autre gare ou sur un autre marché. En 2015, nous avons décroché un très gros client, qui nous confie le transport d’environ 1 million de tonnes de ciment et de marchandises en vrac. Cette année-là, nous avons également recruté 25 personnes, loué sept locomotives supplémentaires et ouvert notre centre à Châlons-en-Champagne. »

Comment le marché a-t-il réagi à cela ?
« Nous étions l’une des plus petites entreprises de France et nous avons réussi à convaincre un très gros client de travailler avec nous. Nous jouions désormais dans la “cour des grands”, pour ainsi dire. Cette étape a été très importante pour notre visibilité sur le marché. »

Mais quand on est encore un si petit acteur, comment peut-on honorer un tel contrat ?
« Au début, les clients étaient plutôt sceptiques. Nous n’avions aucune valeur marchande et aucun benchmark. En outre, nous nous sommes entretenus avec des logisticiens qui travaillaient avec l’opérateur depuis 50 ans. Après avoir longuement discuté et s’être assurés que nous étions effectivement capables de mener ce genre de missions, ils ont accepté de nous laisser opérer des trains d’essai. Lorsqu’ils ont vu que nous avions fait un sans-faute, nous avons pu passer aux pourparlers sur des trafics plus fréquents et des volumes plus importants. »

Plus récemment, Lineas a ouvert son Green Xpress Network à Lyon, à la fois pour les marchandises conventionnelles et intermodales. Le dernier exploit en date pour Lineas en France ?
« Sur le plan géographique, ce train a certainement été notre plus bel exploit cette année. Nous avons établi le troisième hub à Langres et atteint Lyon, non seulement pour le Green Xpress Network, mais aussi pour un client local FMCG (produits de grande consommation). Avec le nouveau hub, les trafics sont également arrivés à Mulhouse dans l’est du pays et, en collaboration avec un partenaire, nous avons atteint Marseille. Avec cette expansion vers le sud-est, nous couvrons presque toute la France. »

Quelle est l’importance de la France pour Lineas dans son ensemble ?
« D’une certaine manière, nous avons été la preuve qu’une petite entreprise privée peut se développer avec succès dans d’autres pays. Aujourd’hui, la stratégie de Lineas consiste à s’étendre de manière progressive dans toute l’Europe. Ces dernières années, nous sommes actifs aux Pays-Bas et en Allemagne, ce qui fait de Lineas le plus grand opérateur privé de fret ferroviaire en Europe. Nous avons prouvé qu’une entreprise privée est capable de réaliser une croissance durable. »

Quel est votre moment le plus mémorable de ces dix dernières années ?
« En avril 2017, nous avons rebaptisé l’ensemble du groupe “Lineas”, et toutes les entités existantes, telles que IFB, Xpedys et bien sûr OSR France, ont changé de nom et de visuel. 
« J’ai craint qu’en France, nous perdions une partie de notre identité, alors que nous avions mis des années à la construire. Mais c’est le contraire qui s’est produit ! En tant que Lineas France, membre du groupe Lineas, nous avons acquis un véritable ADN qui nous distingue : celui du Modal Shift et de la croissance européenne. »

De quoi êtes-vous le plus fier ? 
« Je suis particulièrement fier que nous ayons réussi à créer autant d’emplois et à instaurer une équipe solide de passionnés du fret ferroviaire. Nous avons offert de nombreuses opportunités professionnelles à nos collègues, qui s’épanouissent aujourd’hui dans leur travail ! »

Tristan Ziegler, Country Manager France et région Sud, s'est entretenu avec certains collègues qui font partie de l’aventure depuis le début. Ils ont discuté des 10 dernières années, au cours desquelles l’effectif est passé de 30 à plus de 200 collaborateurs et l’entreprise est devenue l'un des plus grands acteurs du paysage ferroviaire Français.

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